Celui-là a eu du courage,
qui a été le premier à manger une huître.
Jonathan Swift

Une filière est un câble de 100 mètres supportant des "lanternes japonaises". Ces disques assemblés les uns aux autres et entourés de filets servent de support aux huîtres. La Société Graineocéan possède d'ailleurs un brevet.
Chaque filière est lestée par six corps-morts, des bouées de balisage à l'extremité de chaque câble permettent de signaler la présence de la filière, et des bouées de flottabilité sont réparties sur toute la longueur.
Les bateaux intervenants sont des véritables ateliers flottants. Ils s'accrochent au câble via deux poulies et une grue permet de charger les huîtres à bord.
La méthode de culture en filière tourne le dos à la tradition, mais permet d'obtenir un produit de qualité plus rapidement. La culture de l'huître en filière, expérimentée en Charente-Mme depuis quelques années seulement, s'effectue en eau profonde. Ce qui suppose que l'ostréiculteur doive aller "au large". Le principal attrait de cette nouvelle méthode en est le rendement.
La croissance se fait plus rapidement et l'on passe très vite d'un coquillage n°4 à un coquillage n°2. Une huître atteint l'état de consommation au bout de 2 ans 1/2, au lieu de 3 ans 1/2, pour la méthode traditionnelle à plat et au rythme des saisons. D'où un gain de productivité.
Le captage des bébés-huîtres se fait automatiquement : plus besoin de mise en place de collecteurs.
En outre, l'ostréiculteur n'est plus tributaire des horaires de marées. Seul inconvénient, pour le moment, le prix de revient, et donc le prix de vente reste encore élevé.
Pour pratiquer l'ostréiculture en filière, il faut parfaitement connaître les fonds marins, faute de quoi les semis sont malmenés, et les pertes risquent d'être importantes. Par ailleurs, il semblerait que certaines variétés d'huîtres supportent mal le séjour en haut profonde : elles seraient attaquées par un ver qui perfore la coquille. Il faut donc trouver les variétés adéquates, c'est-à-dire celles qui, naturellement, vivent dans les fonds marins.
On se souvient que de leur côté les mytiliculteurs se sont mis à ces techniques au début des années 90. Ce qui leur a valu les foudres des plaisanciers et autres touristes de la mer.